Gwen Dressaire : “Un jour je parlerai à Dieu”

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Une exhortation écrite par Yannick NILA

“[…] Jésus, l’ayant regardé, l’aima, et lui dit : Il te manque une chose, va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel. Puis viens, et suis-moi […] Pierre se mit à lui dire ; Voici nous avons tout quitté, et nous t’avons suivi. Jésus répondit : Je vous le dis en vérité, il n’est personne qui, ayant quitté, à cause de moi et à cause de la bonne nouvelle, sa maison, ou ses frères, ou ses soeurs, ou sa mère, ou son père, ou ses enfants, ou ses terres, ne reçoive au centuple, présentement dans ce siècle-ci, des maisons, des frères, des soeurs, des mères, des enfants, et des terres, avec des persécutions, et dans le siècle à venir, la vie éternelle.” [Marc 10 v.21 & 28-30].

Des douleurs ; certes; peuvent parsemer notre chemin de croix. Un chemin avec Christ qui nous mène toutefois à la vie éternelle, notre récompense ultime. Un chemin dont le lot d’épreuves ne peut camoufler la paix et l’amour environnants. Une grâce dont le Seigneur nous comble au fil du temps.
Tout abandonner pour suivre le Christ ? Fait ! Le trésor ? Trouvé ! Gwen Dressaire nous témoigne son histoire.

Il est un artiste comme on les aime. 35 ans, d’un talent qui ne peut être contesté, avec un ténor un brin suave et affirmé. Gwenaël Dressaire, plus communément appelé Gwen, nous vient de la très belle île de la Réunion. Mais à l’âge de 5 ans, il débarque, avec sa famille, dans un petit coin tranquille de la Bretagne. Tranquille… disons en apparence. Car Gwen n’aura tardé, en grandissant à regretter sa Réunion natale.

Une enfance au son raciste

C’est la rentrée. Gwen a 6 ans. Avec son frère, comme les autres enfants, ils intègrent l’école primaire du coin, en classe de CP. Impatients de nouvelles découvertes, les deux frères, très vite, déchanteront. Ils sont différents aux yeux des autres. Ils sont noirs. Nous sommes en France, au 20ème siècle et le racisme fait encore rage. Et ce, dès le plus bas âge. “Négro”, étaient-ils appelés dans la cour de récréation, devenue la fosse aux lions pour ces jeunes innocents, qui n’auraient jamais pensé que leur couleur de peau serait dans ce patelin breton, un sérieux handicap. Seuls noirs de l’école, les injures fusaient. Cela dura toute l’enfance. Adulte, Gwen se faisait arrêter et contrôler sans raison. Pour son premier emploi, il essuya un refus, parce qu’il était noir.

Très vite, cette violence ingurgitée, engendra en lui une haine et un dégoût du monde blanc, où il ne trouvait sa place. Il cherchait son identité.

La musique, son exutoire

Il est connu que la musique recèle un puissant pouvoir, atteignant l’âme non seulement de l’auditeur mais aussi de son créateur. Par elle, se transmet le message du coeur. Un pouvoir autant apaisant que virulent. Dans cet état de révolte, la musique parvint à saisir l’âme de notre artiste, qui vit en elle, un exutoire. A 12 ans, Gwen Dressaire, en véritable autodidacte, accompagné de son fidèle acolyte, son frère, se lance à la guitare, malgré l’interdiction et la réticence de leurs parents. Il maniera l’instrument et exercera sa voix avec brio pour sa cause, la cause des noirs. Aucune surprise, lorsqu’il nous fait part de ses influences du moment ; Bob Marley, Jimmy Hendricks à la musique; Malcolm X et Martin Luther King à la lecture. Il découvre l’histoire de son peuple.

Le jeune artiste se sent compris, pense se retrouver dans son élément, savoure la musique Reggae. Un sentiment qui atteindra son paroxysme lorsqu’il fait allégeance à la religion “Rasta”. Fidèle, il ira même à se priver de viande durant 6 à 8 ans. Dans la foulée, il rejoindra, aux côtés de son grand frère, le groupe Kaoufé. Gwen Dressaire s’affirme à présent auteur-compositeur et interprète. Le groupe, à la musique revendicatrice, dont le succès sera au rendez-vous, sillonnera les salles de concert.

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La semence victorieuse

Nous l’aurons compris, Gwen Dressaire, a su arroser la semence haineuse qui porta en son coeur les fruits de la violence, du rejet, de la rébellion et tant encore. Mais ce qu’il faut également savoir, c’est qu’en Gwen se cachait aussi la semence, quoique infime, de la Parole de Dieu. Issu d’une famille catholique non pratiquante pour un sou, sa grand-mère le berçait tout de même, à ses heures innocentes, par la lecture des Evangiles. Mais à cette époque, le jeune homme ne sentait que la tristesse se dégager des églises catholiques qu’il a pu visiter. Rien de bien palpitant à son goût. Toutefois, petit il dit : “un jour, je parlerai à Dieu !”. Une parole qui résonna telle une prophétie.

Dans sa vingtaine, l’artiste, encore bien Rasta, inhalant toutes sortes de drogues, fréquentait une jeune femme. Une compagne qui le conduira aux pieds de Jésus-Christ. Elle, qui, commençait à fréquenter un groupe de jeunes chrétiens, présenta à Gwen, la Bible. Rebelle, incrédule, il refusa catégoriquement de se prosterner devant un Jésus blanc ! “Pourquoi ce serait des blancs qui viendront encore sauver des noirs”, s’exclamait-il.
Il finit par se mettre à la lecture des Evangiles, mais dans un but de tous les contredire. Pris à son propre jeu, la confusion tomba finalement dans son camp. Mais une confusion qui le conduira à la repentance et au salut.
Car dans ces saints écrits, loin d’être des fables ou récits utopiques, Gwen y découvrit un Père, qui l’aimait tel qu’il était. Ni blanc ni noir, juste de l’Amour pur. Loin d’être un amoureux de lecture, il dévora à plein coeur le Nouveau Testament. Profondément touché par le passage de l’Apocalypse 5 v.5, il invita le Christ à entrer dans son coeur. Il embrassait alors et enfin la foi chrétienne.
Guéri de l’asthme, ses blessures cicatrisées, totalement restauré, Gwen Dressaire intégra, aux côtés de celle qui deviendra son épouse, la famille de Dieu.

Ses talents pour Dieu

Beau-frère de Jérémie Sourdril, co-fondateur des ministères EnseigneMoi, Gwen fera la rencontre du pasteur Alain Patrick Tsengue, à l’époque établi à Vannes, en Bretagne. Il a 22 ans. En mentor, le serviteur l’instruira sur la conduite de la louange. Un plaisir pour notre artiste.

En 2006, venu s’installer à Paris, il intégrera une école de musique, se perfectionnera dans les musiques actuelles. Il y sortira diplôme en poche. De là, Disney le recrute au casting du Musical de Broadway “The Lion King”. Avec la troupe, il parcourra le monde, de Paris à Madrid passant à Singapour.
Mais cette carrière florissante, l’artiste n’hésitera pas à s’en séparer en 2012, alors qu’on lui propose un nouveau contrat, pour se plonger, pieds joints, au service du Seigneur.

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En quête de l’amour, face à un rejet précoce, le diable l’a bien longtemps détourné, lui montrant un faux dieu, un faux chemin, une consolation éphémère, de la poudre aux yeux ! Mais qu’est-ce tout cela face à l’Amour du Christ, au salut de l’âme, à la vie éternelle dans ses parvis ? Il l’a compris et cette grâce, il l’a saisit. C’est là un plan parfait car en Christ, rien n’est perdu, mais au contraire tout est gagné. Au fil des jours, notre Père le comble de sa paix.

Un jour je parlerai à Dieu !

Vous vous rappelez cette phrase, que petit encore, il prononça. Hé bien, aujourd’hui, il lui parle bien. Chaque jour, en chanson. Il lui adresse ses louanges et son adoration. Leader de louange au sein de l’Eglise de Victoire au Québec, Gwen rejoint, en août 2015, à temps plein, les Ministères EnseigneMoi, au poste de Ministre du culte.
Le pasteur Michaël Lebeau, fondateur des Ministères, lui demandera même de composer l’hymne officiel du site EnseigneMoi. Requête acceptée.
L’artiste sortira, quelques années plus tard, son premier album, auto-produit, du même nom “Enseigne-Moi”. S’inscrivant dans les registres R&B et variété, il y partage ses sentiments et son expérience.

A travers “La lettre d’amour“, “Raconte aux hommes”, “Je veux te ressembler”, “C’est pour nous”, “La paix de Dieu” ou encore “Enseignemoi”, l’on peut apprécier le travail exquis d’un point de vue musical, une voix mélodieuse posée sur fond acoustique, dans l’ère du temps pop-rock. Mais permettez-nous, chers lecteurs, en toute objectivité, et ce, toujours dans une quête de profondeur, de poser quelques interrogations. Notre regard se portant au premier abord vers la portée évangélique, parvenons-nous à cerner le réel message de l’artiste ? Au détriment d’être plus absorbé par la musique, certes, très attrayante. L’émotion véritable du coeur sauvé, est-elle parfaitement palpable ? Car là, réside toute l’importance d’une musique spirituelle.

Nul doute, que notre Seigneur ait doté l’artiste d’une touche bien unique. Qu’il nous plairait, davantage de savourer.
Et nous en avons l’occasion en retrouvant Gwen Dressaire dans l’émission Hosanna, diffusée sur Emcitv, au Canada. Une émission d’adoration qui a déjà accueilli les artistes Séphora Bastrash, Mathilde Spinks, Maggie Blanchard, Samuel Joseph, Dan Luiten et autres Marcel Boungou.
Sa dernière nouveauté intitulée “L’amour injuste” laisse entrevoir un coeur éclairé face à son passé et tel un fils prodigue, repenti devant son Père, seul à qui il dédie son existence.

La Rédaction

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